Château Palmer, ce Cru Classé de Margaux a réussi une super conversion en biodynamie

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Le Bordelais a longtemps été à la traîne sur la question du bio qui se limitait essentiellement à quelques petits domaines familiaux souvent engagés depuis pas mal d’années.

Aujourd’hui le profil des domaines qui font le pas d’une démarche en bio se multiplie timidement, mais c’est surtout des crus classés qui commencent timidement à montrer l’exemple, Château Pontet-Canet en étant le représentant le plus emblématique avec sa double réussite, qualitative et financière. Pour l’instant, à part Château Latour à Pauillac qui est passé en bio, Château Palmer fait partie du cercle restreint des très rares « Crus Classés de Bordeaux » à produire aujourd’hui du vin bio.

La propriété est  située dans le Médoc, à Cantenac, ce sont  55 ha  au cœur de la prestigieuse appellation « Margaux » qui entourent le château. Les cépages sont les plus connus ici, Cabernet Sauvignon, Merlot et un peu de Petit Verdot.

Deux familles bordelaises sont propriétaires depuis 1938. Leurs héritiers  des familles Sichel et Mähler-Besse se consacrent à la poursuite d’une tradition d’excellence. J’ai découvert ce Château sous sa gérance, à l’époque c’était au début 1980  la vie quotidienne du domaine était confiée à une famille, les Chardon, dont les membres restent liés à Château Palmer jusqu’à aujourd’hui. Actuellement  c’est Thomas Duroux, ingénieur agronome et œnologue qui est le gérant.

Château Palmer,  avait en effet entamé en 2008 une longue transition vers la biodynamie. Ce mode de culture consiste à inciter la vigne à se protéger et à se développer par elle-même grâce aux stimulis envoyés par son environnement et grâce à des traitements par des pulvérisations de tisanes à base de plantes. Cette méthode permet d’éviter d’avoir recours aux engrais chimiques, pesticides et autres herbicides. Outre les vertus sanitaires d’un tel mode de culture, la biodynamie permet de créer une réelle harmonie entre la vigne et son environnement. C’est cette philosophie qu’ont souhaité adopter les équipes de Palmer, à travers une agriculture repensée en profondeur et quelques mesures simples mais efficaces empruntées au passé… et au futur !

La propriété a déjà annoncé que le prix de revient de sa production ne changera pas. En effet, quand bien même le passage à une culture bio nécessite d’engager davantage de main-d’œuvre, le fait de ne pas employer de produits phytosanitaires permettra de réaliser d’importantes économies.

La conversion est particulièrement délicate à Bordeaux pour deux raisons : L’humidité du climat océanique pose des problèmes sanitaires bien plus sensibles que dans d’autres régions plus ventilées, puis la question financière qui est prise en compte,  car les grands domaines classés sont pris au piège des enjeux financiers d’une récolte éventuellement altérée à la suite d’un passage en bio.

Les hommes de terrain sont souvent pour, mais les propriétaires plus gestionnaires que vignerons empêchent toute évolution vers un mode de culture plus risqué et surtout plus qualitatif pour l’expérience que j’en ai. J’ai vu passer sur le net des ventes de Château Palmer 2009 à plus de 200e la bouteille !

Le millésime 2014 réservera des belles surprises aux connaisseurs,  les vendanges ont bénéficié d’une météo exceptionnelle, avec des Merlots pleins et charmeurs, des Cabernets Sauvignons droits et tendus et des Petits Verdots exubérants. Un grand cru est affaire d’origine dans le temps comme dans l’espace. Le style de Château Palmer, ancré dans l’histoire et dédié à l’expression de son terroir, au respect de la nature et du sol, aux pratiques respectueuses et philosophiques, c’est la raison pour laquelle cela dépasse modes et tendances.

Pour éprouver son intemporalité pas de meilleur moyen que de les déguster.

www.chateau-palmer.com

www.vin-biodynamie.com

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